Les gagnantes de notre concours d'histoires AUTEURS EN HERBE
CONTACT AVEC UN CHEVAL
Une histoire de Romane, 13 ans
Ce soir-là, je rentrais tout juste de l’école. Les vacances d’été étaient proches, et il faisait très beau. J’étais triste, pourtant… comment allais-je m’occuper pendant deux mois loin de mes copains qui partaient tous à la mer ou à la montagne, tandis que je resterais à la maison comme une âme en peine ?
Soudain, dans un pré, à deux pas de la maison, j’ai aperçu un cheval. Il était maigre à faire peur et se tenait sous un arbre, semblant terriblement effrayé par tout ce qui se passait autour de lui…
Je m'approchai de lui. Les yeux globuleux, il était de plus en plus effrayé, et se mit à galoper dans tout le pré. Je m'écartai pour qu'il se calme.
Mais à qui était-ce cheval ?
Pourquoi était-il autant effrayé ?
Les questions me prenaient la tête. Je rentrai alors chez moi, ouvris la porte de la maison et posai mon cartable.
Je me précipitai alors vers maman qui préparait le cassoulet du soir dans la cuisine.
— Maman, qui est le cheval qui se trouve dans la vallée en face de chez nous ???
— Aucune idée, me répondit ma mère.
La nuit tombait et la brume s'écartait pour montrer la pleine lune qui éclairait notre maison. Je montai dans ma chambre, ouvris le rideau et observai le cheval dans son pré. Il était maigre, même très maigre, sa robe blanche reflétait la pupille de mes yeux, sa longue crinière dorée était étincelante, mais il était toujours aussi excité.
Je ne savais pas ce qu'avait ce cheval, tout ça me donnait la peur au ventre.
Je refermai mes rideaux et partis me coucher sans manger. Vers une heure du matin, je me levai en sursaut. J'avais des cernes bleus sous les yeux et un terrible mal au ventre. Je me dirigeai vers les toilettes. Soudain l'envie de vomir me prit, donc je me précipitai vers les toilettes et tout sortit ; ce n'était pourtant pas souvent que je vomissais ! Je repartis alors me coucher, mais impossible de trouver le sommeil. Pourtant vers quatre heures, j’y parvins enfin.
Le lendemain, l'aube montrait le bout de son nez comme moi. Par la fenêtre, j'observai le ciel rose et orangé, et le soleil jaune se lever, mais aussi la pauvre bête près du bouleau qui se trouvait au milieu du pré, sommeillant. Je descendis l’escalier, mes parents prenaient leur café dans la cuisine, j'arrivai en sursaut et racontai :
— Cette nuit j'ai vomi et impossible de trouver le sommeil !
Ma mère me répondit avec un grand sourire :
— C'est normal ma chérie. Sûrement la pleine lune de cette nuit qui t'a donné des vers....
Je haussai les épaules et continuai à boire mon chocolat.
Vers onze heures je sortis, pris mon manteau, mon écharpe, mes gants, mes bottes.... Dehors, il faisait très froid. La température arrivait à -15 °. Mais je partis voir le cheval qui me paraissait très mal en point. Son eau et l'herbe de la vallée était gelées, et personne pendant toute la matinée n’était venu pour s'en occuper. Je trouvais cela très bizarre, l'animal soupirait, soupirait, soupirait......
Je le caressais mais il reculait à chaque fois. Ses membres étaient pleins de griffures et son flanc de morsures : il allait vraiment mal. Toutes ces émotions me donnaient les larmes aux yeux. Pauvre bête dans le froid, sans manger, ni boire et souffrant sûrement de ses blessures ! Soudain, je vis des actions terribles qui me faisaient battre le cœur. Un tracteur entrait dans le pré. C'était le propriétaire du cheval. Il lui donnait du foin, de l'eau, mais le cheval restait immobile. Le monsieur descendait de son tracteur et se dirigeait vers l'animal avec un fouet. Il commençait à le frapper et son chien lui mordait les jambes. Je n'en revenais pas ! Je partis vers l'entrée de ma maison en poussant des cris et pleurant à grosse larmes. Cet homme était cruel, le plus cruel que j’ai jamais vu !
Par la fenêtre de ma chambre, je vis que le cheval était couché une jambe complètement en sang. J'avais mal au cœur, très mal au cœur. Je me couchai et fis une sieste pendant deux heures. Après mon sommeil, je dévalai l’escalier mais me pris le tapis dans le bout des pieds et roulai jusqu'à la dernière marche. Je criai ! Mon père arriva en courant vers moi :
— Anastasia ! Attends j'appelle les secours!
Les pompiers arrivèrent avec leur brancard et me mirent dans leur camion.
Le soir, après l'opération, je lisais dans mon lit. J'avais appris que j'avais une fracture à la cheville. Pendant la chute, mon pied s’était tordu contre une marche...
Tout à coup une étoile me passa par la tête.
LE CHEVAL!!
Oh non, le pauvre, il allait encore se faire battre. J'aurais pu empêcher ça et sa jambe. J'aurais pu essayer de lui mettre un pansement. J'en avais pour deux jours à l'hôpital et je passerais le restant des vacances en béquilles.
Les jours me paraissaient longs, je m'ennuyais....
Deux jours après, j'étais très contente de sortir de cet hôpital.
Le temps passait. Tous les jours, j'allais voir le cheval. Il était de moins en moins en forme, comme moi d'ailleurs, c'est pour ça que cela me paraissait étrange.
Le soir, quand j'avais découvert le cheval, il se sentait mal et cette nuit-là j'avais vomi. Puis après, il saignait à la jambe par la morsure du chien et moi j’étais tombée dans l’escalier et m’étais fait une fracture à la jambe.
Mais là… à ce moment, des milliers d'étoiles me passèrent à travers la tête. Je venais de comprendre quelque chose, quelque chose d'extraordinaire !!!!!!!!!
Là où le cheval avait mal, était blessé, moi j'avais les mêmes sensations dans mon corps. J'ai décidé alors de guérir le cheval pour que je guérisse. Et s’il mourait ? Je mourrais avec lui. Ce contact entre l'animal et moi était incroyable.
Pendant trois jours, le propriétaire ne vint pas nourrir son cheval, donc je le fis à sa place.
Je réussissais à le caresser et lui se frottait à moi. On voyait qu'il était heureux, il se mettait à galoper dans le pré, ses sabots frappaient l'herbe couverte de rosée du matin. Il hennissait de joie et sa crinière qui reflétait le soleil donnait l'impression de crins d'or.
Et tout ça s'est passé comme prévu. Il se sentait mieux, alors moi, au fur et à mesure, je guérissais. Une semaine après, j'ai appris la mort de son propriétaire. Mes parents ont bien voulu garder « secret » un nom qui me plaisait pour mon cheval.
On a appelé le vétérinaire qui le soigna pendant plusieurs jours.
Le contact entre un homme et un cheval garde bien des mystères…
© Romane
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